Rencontre avec Véronique Berecz

(Par Richard Lecocq & Saykou Diallo)

 

19 avril 2012 – Le 19 avril 1997, Michael Jackson était à Paris pour découvrir sa statue de cire au prestigieux Musée Grévin. Cet épisode fait partie de la longue histoire d’amour qui lie le Roi de la Pop à la France. 15 ans plus tard, il est toujours présent dans la galerie des personnages présentés au public, et n’a jamais quitté la célèbre Coupole, qui constitue, avec la Salle des Colonnes, le lieu originel de Grévin. Il suffit d’ailleurs de rester à proximité de la statue pour observer le bal des visiteurs qui se pressent autour d’elle pour rendre hommage à Michael Jackson. Pour fêter ce 15ème anniversaire et les 130 ans du Musée Grévin (qui a ouvert ses portes le 5 juin 1882), Véronique Berecz se souvient de cette belle aventure…

 

Le début

Un premier personnage avait été réalisé. Michael Jackson avait failli venir le découvrir ; c’était pas mal d’années avant. Et puis, il y a eu un mauvais concours de circonstances et, au dernier moment, ça ne s’est pas fait. (…) Le fait de demander à Michael Jackson s’il acceptait de figurer à Grévin était une initiative du Musée Grévin. (…) Michael Jackson avait comme producteur Monsieur Bob Jones. Grâce, car il ne faut pas les oublier, à Captain EO (Productions), qui avaient un journal magnifique pour le fanclub de Michael Jackson, et leur intervention auprès de Monsieur Bob Jones, nous avons été mis en relation avec lui. J’ai donc eu plusieurs fois Monsieur Bob Jones au téléphone. Il en a parlé à Michael Jackson qui était très fier et très heureux.

 

La rencontre

Il nous arrive parfois de nous rendre chez les personnalités. C’est pourquoi nous avons organisé ce voyage à Los Angeles avec le sculpteur, Denis Longchampt, et le décorateur, Laurent Teboul. (…) Quand nous sommes arrivés à l’hôtel, nous avons été accueillis dans le hall par Wayne, qui était le garde du corps de Michael Jackson.lls nous a accompagnés jusqu’à la suite où se trouvait Michael. On est entrés dans cette chambre. (…) La porte s’est ouverte. Bob Jones nous a accueillis et nous à tout de suite présenté Monsieur Jackson, qui nous a tendu la main immédiatement. (…) Il était d’une simplicité et d’une gentillesse extraordinaires. (…) Il a posé beaucoup de questions. Je lui ai montré des photos de sculptures réalisées par Denis Longchampt, qui ne travaillait pas que pour le Musée Grévin. (…)

 

La conception

Denis Longchampt avait préalablement déjà sculpté et modelé un visage en terre glaise. Nous avons donc voyagé avec ce visage dans un grand sac de voyage. Nous ne l’avons pas mis en soute, et l’avons gardé précieusement avec nous, à la grande surprise des douaniers et du personnel féminin des douanes américaines. (…) Denis Longchampt a du travailler avec beaucoup de photos et de vidéos. Tous les documents étaient intéressants. Dès qu’on choisi une expression précise, il faut trouver toutes les photos qui la reprennent.  (…) Après notre rendez-vous à Los Angeles, nous sommes rentrés à Paris. Denis Longchampt a continué à travailler le modelage. Nous avons envoyé des photos à Bob Jones pour que Michael puisse les voir. Après accord, le visage a ensuite été moulé, et dans ce moule, la cire est coulée. Nous obtenons ainsi un visage en cire vierge. Ce visage est ensuite maquillé à la peinture à l’huile. Les cheveux sont des cheveux naturels implantés presque un à un.

Denis Longchampt avait également sculpté le corps. Suite à cela, j’ai organisé un second rendez-vous avec Michael Jackson qui cette fois a eu lieu en Suisse, au grand hôtel de Montreux. Nous lui avons donc montré le visage et le corps presque terminés. En fait, Denis l’avait fait un peu plus « Schwarzenegger »  qu’il ne l’était. Il était très fin et très grand, sa taille nous avait surpris quand nous l’avions rencontré, mais en voyant la statue il a rit en disant qu’il n’était pas si baraqué que ça. Nous avons repris des mesures de son corps et ce dernier a été refait pour être le plus proche possible de Michael.

Michael Jackson a offert pour son personnage une tenue complète. Ce sont ses boots, qu’il avait portées, c’est son jean noir, son T-shirt, et puis il y avait cette célèbre veste rouge. (…) C’est une veste que les fans l’avaient vu porter lors d’une signature de contrat avec le Prince Al Waleed. Elle était significative car il y avait un célèbre coup de feutre sur le revers.  Et c’est vrai que les vrais fans étaient très au courant de cela. Quand ils venaient à Grévin ils vérifiaient qu’il y avait ce coup de feutre.

 

L’inauguration

Lors de présentations de personnalités, on essaie de trouver une petite idée, voire de réserver une surprise. J’avais appris que Michael Jackson était un fan de Marcel Marceau, et d’ailleurs ça se ressentait beaucoup dans sa dextérité pour exécuter ses pas de danse et sa façon de décomposer les mouvements. J’ai donc contacté Monsieur Marceau et je me suis dit que ce serait formidable si Marceau pouvait être ma surprise pour Michael le jour de sa venue. Et là, vraiment, les dieux étaient avec nous parce que Monsieur Marceau était aux Etats-Unis en pleine tournée, et, chance incroyable, il revenait le matin même de la venue de Michael Jackson au musée. J’ai fait envoyer une voiture pour le chercher à l’aéroport à 8h du matin. Monsieur Marceau a eu l’idée de reproduire l’un de ses sketches, « le sculpteur », et, par un effet de lumière et de magie, à la fin de ce mime apparait sur scène le personnage de Michael. Je crois que ma surprise était réussie car [une fois assis] Michael Jackson n’en revenait pas de voir Marcel Marceau. Il était aussi surpris qu’heureux. (…) C’était vraiment un très beau moment. A la fin de la présentation, Michael Jackson est monté sur scène rejoindre son personnage et Marcel Marceau.

 

 

Une fois la présentation officielle terminée nous sommes partis en nombre restreint découvrir le parcours du musée. Entre temps, le personnage a été déplacé de la scène jusqu’à son lieu final de façon à ce que Michael le découvre dans le parcours du musée.  Il était très content de son personnage contrairement à un autre exposé dans un musée de cire aux Etats Unis dont il nous avait parlé lors de notre rencontre à Los Angeles.

 

Les empreintes

On avait envie d’instaurer une tradition d’empreinte des mains, un peu comme le Walk Of Fame  à Hollywood. Nous avions décidé de le faire pour Michael Jackson. Il avait de jolies mains, très grandes, très fines. C’était une première pour nous.

 

Incognito

Une semaine après l’inauguration, un mercredi après midi, je reçois un appel de Wayne me demandant si Michael pouvait visiter le musée avec des personnes qui n’avaient pas pu venir le jour de l’inauguration. Il voulait savoir si je pouvais être prête dans deux heures. (…) Il y avait un autre lieu qui fascinait Michael dans le musée, c’est le palais des mirages. On s’est revus pour la dernière fois ce jour-là.

Nous rencontrons beaucoup d’artistes et c’est vrai que ce qui est inouï avec cette rencontre avec Michael Jackson, c’est qu’il ya des moments comme ça qui reviennent … Depuis, l’histoire continue, un peu pour continuer à faire vivre Michael Jackson, et presque même en remerciement pour tout ce qu’il a créé et qu’il a laissé non seulement à ses fans mais aussi au monde de la musque. Jamais je n’aurais imaginé l’importance de l’entrée de Michael Jackson au Musée Grévin et de cette rencontre, comme s’il y avait une petite étoile qui nous suit toujours… C’est assez joli.

 

 

Retrouvez très prochainement la seconde partie de ce reportage avec un reportage réalisé à partir d’images d’archives du Musée Grévin.

 

Remerciements : merci à Véronique Berecz & Aurélie Gombert

http://www.grevin.com/perso/michael-jackson