Une des grandes surprises de cette campagne BAD 25 sera le documentaire réalisé par Spike Lee … Et voici pourquoi :

Un montage de 20 minutes tourne depuis quelques semaines déjà, une sorte de teaser pour appâter les chaînes de télé (qui voudront diffuser la version intégrale de 90 minutes).

Ces premières images permettent d’en savoir un peu plus sur le contenu de ce film. Si le produit final est du même niveau, nous aurons alors affaire à un projet sérieux et mené de main de maître. Spike Lee, appuyé par Sony Music et les ayants droit de Michael Jackson, a convoqué les principaux acteurs de l’époque BAD. Ainsi, Glen Ballard et Greg Phillinganes racontent la naissance de Man In The Mirror. Siedah Garrett livre bien entendu sa version des faits et revient aussi sur l’enregistrement de I Just Can’t Stop Loving You. Mais en plus de ces collaborateurs cultes, d’autres intervenants, parfois moins connus du grand public, partagent également leurs souvenirs : Walter Yetnikoff, ancien PDG de CBS Records, et Larry Stessel, responsable de la promo de BAD chez Epic à l’époque, reviennent sur les coulisses de l’album. Dans une séquence, Yetnikoff évoque la création de la pochette finalement retenue. Les amateurs de témoignages plus pointus apprécieront ceux des batteurs John Robinson et Ollie E. Brown.

A l’instar des documentaires « Classic Albums » réalisés dans les années 90, celui de Lee semble s’intéresser à la création de chaque chanson et s’attarde aussi sur la réalisation des shorts films correspondants. Ces histoires sont brillamment illustrées d’images rares tirées des archives personnelles de Michael Jackson. Ces dernières permettent de découvrir comment le chanteur tombe du plafond dans le mythique clip BAD. A un autre moment, il répète un de ses dialogues avec le jeune Wesley Snipes. Jim Blashfield lève le voile sur la création du court métrage Leave Me Alone (couronné par un Grammy Award). Là encore des rushes de l’époque montrent comment la scène finale où le Roi de la Pop s’anime et s’arrache de cette île imaginaire a été tournée. Jackson est également connu pour avoir filmé ses séances d’enregistrement en studio. Quelques uns de ces moments rares font partie du montage, y compris celui où Michael Jackson passe derrière la caméra alors que Sieddah Garrett est en train de répéter Man In The Mirror devant lui…

Pour nourrir cette histoire autour de l’histoire, Lee a aussi songé à convoquer quelques artistes de la nouvelle génération comme Kanye West, Justin Bieber ou encore Chris Brown. Chacun trouvera son compte (ou pas) dans la présence de ces « special guests », mais ce choix permet de mettre en valeur tout l’aspect trans-générationnel de l’oeuvre de Jackson.

Si des questions légitimes quant à la qualité finale du DVD du BAD Tour n’ont pas encore trouvé de réponse, le documentaire réalisé par Spike Lee a tout d’un îlot riche sur lequel il fera bon revivre et découvrir de nouvelles choses sur cette glorieuse époque BAD. Stay tuned…

 

Richard Lecocq