UPDATE (08 décembre 2012)

Suite à la publication de cet article, d’autres éléments appuyant mes propos m’ont été transmis. Parmi eux, cet e-mail dans lequel un employé de Bravado confirme bien que la fameuse silhouette (standee) a été produite APRES le décès de Michael Jackson. Un autre e-mail confirmant cette information émanant également de Bravado peut aussi être lu ici. A ce jour, Michael Lee Bush n’a toujours pas encore réagi publiquement à cette affaire…

Traduction : « La silhouette sur cette photo a été produite après le décès de Mr Jackson ».

La vente aux enchères des costumes de Michael Jackson organisée par Michael Lee Bush et Julien’s Auctions crée la polémique.
L’ancien costumier du Roi de la Pop sortait d’une promo marathon dans plusieurs Hard Rock Cafés lorsqu’il a assisté à la vente aux enchères événementielle organisée le 2 décembre dernier à Beverly Hills. Les fans avaient déjà réservé un accueil timide au couturier de la star et  sa façon d’assurer la promo de son livre King of Style : chaque visiteur n’avait pas d’autre choix que d’acheter le fameux ouvrage avant d’avoir la chance d’admirer la petite dizaine d’objets présentés sur place (voir ici notre vidéo à ce sujet).

La controverse a prit un autre tournant lorsque les fans ont découvert que des costumes et effets personnels emblématiques de MJ appartenant Bush faisaient partie des objets mis en vente. In extremis, le designer a réagi et a assuré via un communiqué que l’Estate allait récupérer les articles en question pour les valoriser comme il se doit.

Restait l’épineuse question des autographes. Nombreux sont celles et ceux qui ont remarqué que quelque chose clochait avec ses vêtements « signés par Michael Jackson ». Une grande partie de ces pièces portent le même style de signature. Et il faut bien avouer que ces autographes ne ressemblent pas a ceux signés par le Roi de la Pop au cours de sa vie (même si l’on prend en compte le fait que sa signature a naturellement évolué avec les années). Le trait semble différent. Pour avoir vu Michael Lee Bush signer son livre à des fans à Paris, je peux vous dire que son coup de crayon tend à se rapprocher de celui de MJ, comme une forme de mimétisme plus ou moins conscient. Autant de détails troublants qui laissent planer un lourd parfum de doute autour de cette drôle d’affaire.

Après la vente de dimanche dernier, Julien’s Auctions a publié la liste des objets avec leurs prix de vente finaux. Le fan observateur aura vite remarqué une enchère assez déroutante. Il s’agit d’une silhouette de MJ dans son costume L.A. Gear. Produit par Bravado, cet article peut être exposé comme une belle P.L.V dans une chambre ou un bureau. Après enquête, je peux vous affirmer que ce « collector » a été réalisé par Bravado fin 2009. Au début de la même année, Bravado avait acquis les droits de merchandising relatifs aux concerts This It. Cette compagnie, associée à AEG (producteur de la tournée), a par la suite obtenu une dérogation pour concevoir et réaliser des produits dérivés génériques Michael Jackson (c’est à dire ne portant plus la griffe exclusive This Is It) suite a un accord conclu et validé devant la Cour de Los Angeles au mois d’août 2009.

Mais il reste un carré de fans aveuglés par le charisme de Bush ou l’assise de Julien’s Auctions pour croire et dire que Michael Jackson avait approuvé un prototype de cette silhouette sous format papier. Là encore, cette hypothèse ne tient pas la route. Regardez bien les logos en bas de cette silhouette. Si elle avait été produite pour This Is It, elle aurait du porter les inscriptions et logos « Bravado », sous licence avec « AEG ». Or, ce sont ceux de « Bravado » et de « Triumph International » qui apparaissent clairement. Pour la petite histoire, Triumph International est la compagnie créée par Michael Jackson au début des années 80 pour la réalisation et la commercialisation des produits dérivés à son effigie à travers le monde. Depuis 2007, cette société n’était plus en activité et n’a été réouverte par le bureau de John Branca que le 14 août 2009, soit près de deux mois après le décès de Michael Jackson.

Ainsi, tous les produits dérivés conçus jusqu’à la disparition de Jackson sont estampillés This Is It. Ce la explique pourquoi de pseudos articles génériques comme un T-shirt au design Thriller « devait » (par obligation purement contractuelle) porter les inscriptions This Is It ou London 50. Face à tous ces éléments, impossible donc d’affirmer qu’un quelconque prototype de produit Bravado/Triumph International, comme cette silhouette dénuée de toute référence à This Is It, ait pu atterrir sous les yeux de MJ pour une éventuelle validation et /ou séance d’autographes improvisée. Sans oublier qu’à la date du 14 juin 2009, les responsables de Bravado n’avaient toujours pas réussi à joindre Michael Jackson pour lui faire valider les produits censés être vendus à l’entrée de l’O2 et sur le site web dédié pendant l’été.

Pour revenir sur cette énième vente aux enchères produite par Julien’s Auctions, rappelons aussi que Michael Jackson n’a jamais souhaité travailler avec cette entreprise. Fin 2008, son manager Dr Tohme avait organisé une première vente composée de près de 95% des effets personnels du chanteur. Un luxueux catalogue avait alors été produit et mis en vente sur internet. Jackson n’était pas au courant de ce projet, et lorsqu’il en a finalement entendu parler, il lui fut présenté comme une « exposition » organisée a Beverly Hills. En découvrant le pot aux roses, il a immédiatement voulu stopper cette vente qu’il avait perçue comme un échec personnel (celui de voir sa vie bradée, vendue et dispersée à travers le monde…). Mais, sans grande surprise, les accords conclus par Tohme et AEG n’étaient pas en sa faveur. Pour récupérer ses biens, le Roi de la Pop devait dans un premier temps accepter et signer le contrat des 31 concerts a l’O2 de Londres (50 shows furent programmés au final). Il n’a pu engager une action en justice pour stopper cette vente aux enchères qu’une fois en route vers Londres pour annoncer son retour sur scène lors de la fameuse conférence de presse du 05 mars 2009. Cet mission une fois accomplie, il a enfin pu porter l’affaire devant la justice et obtenir gain de cause.Et au passage, Tohme, dans une probable tentative de garder le peu de confiance que Jackson pouvait lui accorder, avait même proféré des menaces physiques contre Darren Julien, le fondateur de Julien’s Auctions, si la vente n’était pas stoppée dans les meilleurs délais…

… Et depuis cette époque, pour une raison ou une autre, Julien’s Auctions a réussi à garder le monopole des enchères consacrées à Michael Jackson. L’Estate a préféré laisser les choses aller dans ce sens au lieu de conclure un accord avec un cabinet plus prestigieux et vierge de tout contentieux avec le Roi de la Pop comme Sotheby’s par exemple.

Rarement l’héritage d’un artiste n’a été si peu respecté en si peu de temps, notamment par « ses plus proches collaborateurs ». Et rarement le public n’a autant été privé de considération. A l’heure où ce cirque indécent ne cesse de continuer, toutes nos condoléances vont naturellement à tous les fans qui ont investi de l’argent dans ces objets a l’authenticité désormais plus que douteuse.

Richard Lecocq