4 jeunes gens avancent dans une aventure humaine au cours de laquelle ils vont découvrir les valeurs et les qualités qui définissent Michael Jackson, à savoir son agilité, son courage, sa joie et son amour. Voilà le point de départ du second spectacle créé par le Cirque du Soleil en collaboration avec l’Estate of Michael Jackson : ONE.

Ce show en résidence propose donc une autre vision de l’univers de l’artiste, et complète celle déjà présentée dans le très fructueux Immortal.

La direction du complexe hôtelier du Mandalay Bay (Las Vegas) et l’Estate of MJ vont, grâce à ONE, donner à Michael Jackson et son héritage artistique une exposition maximale, qui saura toucher le très vaste public qui séjourne dans la ville du vice. Depuis le début des années 2000, Las Vegas a su se réinventer en devenant le lieu incontournable du divertissement en Amérique du Nord.

A l’entrée de la salle de spectacle

Située à quelques mètres des machines à sous et des tables de pokers, sans oublier des boutiques qui ne désemplissent jamais, la salle de spectacle a été re-designée à la sauce Jackson : éclairages truffés de diamants, promenade qui permet de découvrir une fresque géante de Jackson en train de danser son célèbre Moonwalk : rien n’a été laissé au hasard afin d’imposer aux passants et aux visiteurs l’essence des codes jacksoniens. La scène qui avait auparavant accueilli The Lion King et Mama Mia a été remodelée et repensée : à présent, elle est entourée d’écrans vidéos qui forment une sorte de bulle et permet d’accentuer le côté immersif du show.

ONE étant un show en résidence, les équipes du Cirque du Soleil ont pu développer des astuces techniques difficiles à gérer sur un show itinérant. Ainsi, le système sonore propose de découvrir un « concert de Rock avec le son d’un IMAX », selon John Branca.

Off the Wall : à l’entrée de la salle de spectacle, les murs portent les titres des chansons du Roi de la Pop.

Le spectacle que j’ai pu découvrir ce samedi 18 mai n’est pas totalement abouti : quelques éléments seront peaufinés dans les semaines à venir. Si quelques avant-premières vont avoir lieu à partir du 23 mai, le show sera lancé officiellement le 29 juin. Avec ces quelques consignes à l’esprit, je préfère vous livrer simplement mes impressions en plus de la setlist des morceaux qui nous ont été proposés (dans leur ordre chronologique bien entendu).

La sélection des chansons retenues permet de réévaluer certains titres finalement peu connus du grand public comme Smile, Speechless, Tabloid Junkie ou encore Stranger In Moscow dont la sortie single à l’époque était restée assez confidentielle sur le sol américain. Justice est ainsi rendue a l’album HIStory qui va désormais résonner dans les oreilles du grand public de Las Vegas. Voyons là également un pari assez osé que de proposer des titres plus rares à un public qui serait en droit de n’exiger que les grands classiques de l’artiste.

Contrairement à Immortal, ONE joue moins la carte du mash-up afin de présenter les chansons de façon plus complète. Cependant, au rayon des bonnes surprises, un mix / duo virtuel entre Human Nature et Never Can Say Goodbye tisse une passerelle à travers le temps, avec une correspondance intéressante entre les paroles de ces deux classiques. Kevin Antunes m’a confié être fier de cette trouvaille : « Quand je travaille, je laisse tourner plusieurs machines. A un moment ces deux chansons ont commencé à tourner en même temps sur deux sources différentes. Et la j’ai eu un flash. J’ai commencé à les associer sur ma mixette virtuelle avant de mettre en forme ce mash-up en studio. » Pendant Smile une série de photos inédites de Michael Jackson déguisé en Charlie Chaplin apparaissent sur les écrans géants. Si certains titres comme JAM, Smooth Criminal ou Thriller reprennent partiellement les arrangements déjà conçus pour Immortal, d’autres servent de bande son à des numéros qui permettent de plonger aussi bien dans le monde du Cirque du Soleil que celui de Jackson : ainsi, le vrai-faux numéro de rue sur Working Day and Night, avec un danseur qui subit les facéties d’une main gantée, dans la plus grande tradition des meilleurs numéros de cabaret, propose un voyage dans le monde de l’illusion et du trompe l’œil. Grand absent d’Immortal, The Way You Make Me Feel dévoile ici son jeu choc et sexy qui trouve bien sa place dans cette ville aux accents toujours plus glamour. Toujours dans ce registre, Kevin Antunes a réussi à associer Dirty Diana, Dangerous et quelques passages de In The Closet pour donner vie à un numéro sombre où le jeu de la séduction finit toujours comme un piège qui se referme.

Avec Kevin Antunes

Contrairement à Immortal, Billie Jean fait bande à part, en dehors de tout medley. Sur le rythme légendaire de la chanson, les danseurs vêtus de costumes en LED se lancent dans une chorégraphie où les couleurs des diodes et l’unité des mouvements démontrent comment à l’époque du numérique les individus restent certes différents mais  capables de s’unir. Autre moment de poésie : Earth Song et son jeu d’ombres chinoises épuré et efficace qui valorise au maximum le message de la chanson. Ces images suggérées par la poésie propre au Cirque et à l’univers de Jackson permettent de découvrir plusieurs numéros qui inventent de nouvelles situations au lieu de chercher à recréer l’univers des short films ou des concerts du Roi de la Pop.

Le thème de la solidarité, et de ce sentiment d’être tous unis par les mêmes sentiments ont inspiré ce titre : ONE. Tout au long de sa carrière, Michael Jackson n’a cessé de chanter contre les  barrières raciales et culturelles : « nous sommes tous identiques » déclare-t-il dans Can You Feel It, et « cela n’a pas d’importance que tu sois noir ou blanc » lance-t-il dans « Black or White. C’est ce fil rouge qui donne naissance à l’histoire des 4 personnages en quête d’identité tout au long du spectacle. La « transformation » des 4 héros se concrétise dans le tableau consacré à Man In The Mirror. Dans cette séquence, un hologramme aux pouvoirs magiques fait son apparition sur scène. A l’image du jeu video « Michael Jackson The Experience », un « performer »  joue le rôle du Roi de la Pop. A l’aide d’effets spéciaux, sa silhouette se dématérialise en poussière dorée qui touche chacun des 4 personnages. L’hologramme flotte ainsi sur scène, distillant ses valeurs et sa force, donnant l’impression que l’esprit du chanteur s’adresse non seulement aux protagonistes de l’histoire mais aussi aux spectateurs. Après un Can You Feel It d’anthologie où les images du clip sur grand écran restent efficaces, c’est au tour de Another Part Of Me de conclure l’aventure. ONE ne s’achève donc pas sur une quelconque note larmoyante et cherche, au contraire,  à donner aux spectateurs ce sentiment d’appartenir à quelque chose d’unique : la musique et l’art de Michael Jackson ont une influence constante dans notre monde : musique, films, mode… son passage sur terre a laissé des traces qui continuent de capter l’attention des plus jeunes. ONE est un hommage à toutes ses qualités qui font que son art est sans aucun doute l’expression la plus simple et brute de son altruisme. Il a donné le meilleur de lui-même au monde, et c’est cet héritage qui plus que jamais, doit perdurer et continuer de toucher de nouvelles générations.


BONUS :

Dans la plus belle tradition américaine, la sortie de la salle de spectacle mène directement à une boutique de « souvenirs » qui propose son lot d’articles aux curieux et amateurs du genre. Si les produits dérivés This Is It ont plutôt déçu par leur qualité discutable et leur inadéquation avec l’image de l’artiste, ceux proposés aujourd’hui par Bravado (produits génériques MJ) et le Cirque du Soleil (gamme ONE) relèvent le niveau. Des Tshirts sobres ou plus voyants selon les gouts, au sweat shirt rouge marqué du célèbre logo MJJ, sans oublier des calepins ou coque iPhone 5 qui permettent de se fondre parmi les produits d’usage quotidien sans tomber dans le clinquant : les différents profils de fans et d’amateurs de musique (n’oublions pas les simples touristes qui ne rechercheront qu’un simple souvenir) n’ont pas été négligés. A noter également : l’intégralité de la discographie de Michael Jackson chez Epic/Sony est proposée sur place. Seule référence absente à l’appel, celle du CD Michael publié fin 2010. Les grands collectionneurs pourront également découvrir sur place une sélection d’articles originaux proposés par de tierces personnes (des particuliers qui ne font pas partie de l’Estate) signés par Michael Jackson : des pochettes de disques, des Tshirts et des programmes de tournées proposés à la vente (prix : de 5 000 à 12 000 dollars). A Las Vegas, plus que partout ailleurs, tout le monde peut trouver son bonheur…

Richard Lecocq / Photos : Richard Lecocq @ Instagram

 

 

MICHAEL JACKSON – ONE  | Avant-premières dès le 23 mai 2013 | Ouverture le 29 juin 2013

INFO / RESERVATION : http://www.cirquedusoleil.com/fr/shows/michael-jackson-one/default.aspx

ONE – SETLIST – 18 MAI 2013
Pre-show : Privacy
Opening : video medley
Beat It
Tabloid Junkie
2 BAD
Stranger In Moscow
BAD
Smooth Criminal
I ll Be There
Human Nature / Never Can Say Goodbye
JAM
They Don´t Care About Us
Planet Earth / Earth Song
Smile
Wanna Be Startin’ Somethin’
The Way You Make Me Feel
Dangerous / Dirty Diana
Heartbreak Hotel / Working Day And Night
Billie Jean
Scream
Thriller
Speechless
I Just Can´t Stop Loving You
Man In The Mirror
Can You Feel It
Black Or White
Another Part Of Me