L’Estate se débarrasse de ses parts dans Sony/ATV. La décision va à l’encontre des souhaits de Michael Jackson. 

En octobre dernier, Sony a levé une clause, permettant ainsi de vendre/acheter à un partenaire potentiel l’une des moitiés de Sony/ATV. De façon finalement pas si surprenante que ça, l’Estate de Michael Jackson a décidé de vendre sa part (50%) à Sony Music contre la somme de 750 millions de dollars.

De son vivant, Michael Jackson s’est constamment battu pour préserver ses parts dans Sony/ATV. Depuis la création de cette structure en 1995 (qui est le fruit de la fusion du catalogue d’éditions ATV avec celui de Sony Music), cet investissement en or a suscité bien des convoitises. Sur son chemin, Michael a du batailler avec l’ancien dirigeant de Sony Music, Tommy Mottola, qui souhaitait contrôler entièrement Sony/ATV (souvenez-vous du lancement de l’album INVINCIBLE et de sa promotion sabotée par Mottola et sa garde rapprochée).

Il ne faut pas être dupe pour comprendre que tous les procès que Michael Jackson a su endurer à travers les années étaient des tentatives, parfois désesprérées, pour l’affaiblir et ainsi le déposséder de ses capitaux et autres biens. En 2009, le projet « This Is It » était aussi un piège orchestré par l’entourage du Roi de la Pop (Dr Tohme et AEG en tête) afin de lui faire perdre son trésor (encore et toujours les 50 % des parts du catalogue Sony/ATV).

Du coup, l’annonce de cette vente est vécue avec beaucoup d’amertume pour celles et ceux qui ont suivi Michael dans ses combats et l’ont vu tenir tête à une industrie, qui, de toute façon, n’a jamais accepté qu’un jeune artiste afro-américain devienne aussi puissant grâce à ses talents d’artistes et d’hommes d’affaires.

Une fois le deal conclu et validé, l’Estate s’est empressé d’envoyer hier aux fans un communiqué pour expliquer que cette vente sert notamment à éponger les dettes de Michael Jackson. Une déclaration qui sonne faux, surtout après relecture d’un article de Forbes daté du 21 novembre 2012 qui affirmait, à travers les mots d’un représentant de l’Estate, que les dettes du Roi de la Pop venaient enfin d’être effacées.

Est-ce que l’Estate avait donc menti à l’époque, ou alors ment-il aujourd’hui? Et concernant les 750 millions de dollars générés par cette vente, est-ce qu’une partie sera utilisée pour racheter le ranch Neverland ? Est-ce que les dettes posthumes contractées par l’Estate auprès de Quincy Jones et d’autres personnes seront également réglées dans les meilleurs délais ?

Autant de questions qui laissent planer un voile d’incertitude sur les capacités et les motivations réelles de l’Estate concernant l’héritage de Michael Jackson. Mais pendant ce temps, c’est bel et bien le travail et les sacrifices de ce dernier qui se retrouvent – une nouvelles fois – bafoués.

Richard Lecocq