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La Toya Jackson – Cherry Pop (CR POP 1)
CD – UK – Date de sortie originale : Septembre 1980 – Réédition UK : 15 mai 2006

 

 

L’album : Au tout début des années 80, la famille Jackson a le vent en poupe : les Jacksons publient coup sur coup des albums en Or, Michael définit son nouveau style avec Off The Wall, Jermaine travaille avec Stevie Wonder, Janet tourne dans des sitcoms… Et la Toya rêve d’une carrière solo digne de ce nom. Drivée, entourée et étouffée par son père Joe, la grande soeur du futur Roi de la Pop entre en studio pour mettre sur bande le tout premier album enregistré par une des 3 filles Jackson. Forte de sa discutable expérience des Jacksons TV Shows produits pour la chaîne CBS, La Toya semble bien décidée à se faire un prénom. Elle veut se faire entendre… Mais le véritable problème de ce « La Toya Jackson » de 1980 reste malheureusement la voix de la jeune femme. Si les compositions se succèdent comme un résumé assez inégal des derniers hits disco-funk de l’époque, l’interprétation ne parvient pas à faire décoller l’ensemble. Au bout de 8 titres, presque rien ne restera dans la mémoire des fans de la Dynastie Jackson ou de la Planète Funk. Ollie E. Brown, percussionniste ultra-habitué des plus grands studios d’enregistrement californiens (voir ses travaux avec Ray Parker Junior, Michael Jackson et autres Rolling Stones…) apporte quelques salves de cisaillement bien funky aux beats de seconde main gravés sur cette modeste galette. Les amateurs de funk pour auto-tamponneuse restent toutefois comblés par « Are You Ready », co-composé par Billy Ocean… « If You Feel The Funk » ou l’hymne disco-funk d’une jeune femme qui « shake » son « rump » comme une employée de mairie perdue sur une plage brésilienne : La Toya n’est pas Funky, et peut encore moins prétendre au titre de Sexy Girlie qui « sait se lâcher sur le Dance Floor ». Janet reste sans conteste la femme de la situation dans ce domaine… « Save Your Love » sonne comme une Non-Killer Track de fin d’after-party, ce moment délicat ou Isaac et le Doc de « La Croisière S’Amuse » grillent leur dernières cartouches sur la piste. « My Love Has Passed You By », et ses accents Earth, Wind & Fire-iens est censé vanter les qualités vocales de La Toya… No comment.

Et ainsi défilent les 8 chansons de « La Toya Jackson ». « Night Time Lover », titre composé par Michael, se présente comme un Boogie peu passionnant, assommé par les improbables gratouillages latino-affolants de Greg Poree. La basse claquouille un peu dans le refrain et tente de groover en crescendo, mais elle reste peu solide : avec les mêmes deux notes et surtout plus de conviction, on obtient celle de « Don’t Stop’Til You Get Enough », solide ciment d’un mur de cristal magique… Porte de sortie sur « If I Ain’t Got It », dernier calvaire pour l’auditeur qui aura bien raison de préférer l’album « Heart Don’t Lie » (1984), qui contient notamment le mini-hit « Bet’Cha Gonna Need My Lovin' ». Drôle de carrière que celle de La Toya Jackson, entre albums-taboulés et création de lignes de vêtements flashy (avant de les ôter devant l’objectif d’un célèbre magazine de charme américain « parce que merde je suis une femme moderne quoi! »). En atendant la sortie de « Startin’ Over », album-projet-fantôme promis depuis 2003…

La réédition : A album bidon, réédition canon. C’est comme ça. Passé l’affreux label ambiance Cerises Barbapapa du CD , le reste (ou presque) relève de la réédition haut de gamme. Le livret contient son lot de surprises : un portrait rédigé par Jamie Brockie (du site Church Of La Toya), la discographie anglaise de La Toya, les scans des singles publiés à l’époque et les crédits intégraux et originaux de l’album. Seul bémol à cette belle initiative : le mastering, identique à celui de l’édition CD publiée au Japon au tout début des années 1990.

Saluons tout de même l’effort des équipes de Cherry Pop, toute nouvelle filiale de Cherry Red  Records : cette première réédition devrait être le point de départ d’une ambitieuse collection chargée de redécouvrir « le meilleur des années 80″… Vous êtes prévenus.

– Richard Lecocq – 01/08/2006

 

NOTE : 10/20