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Michael Jackson – The Remix Suite / Motown (602527207049)
3CD / 2LP – Date de sortie : 20 octobre 2009

 

 

Le projet The Remix Suite naît en plein été 2009. Motown décide, à la hâte, de rendre hommage à Michael Jackson avec la mise en chantier d’un album de remixes produits par des noms qui pèsent lourd sur le dance floor (Q-Tip, Dallas Austin, David Morales et Akon entre autres). Cette compilation, divisée en 5 chapitres, est dans un premier temps uniquement proposée aux USA via iTunes et Amazon, à raison d’un tome toutes les deux semaines. La sortie de THIS IS IT (film + B.O) force Motown à adapter son plan promo en conséquence. Du coup, le 5ème chapitre reste inédit et en France seuls les deux premiers tomes sont regroupés sur un CD et un double LP, livrés chez les disquaires avec une semaine d’avance sur le calendrier initial. Les fans décidés à s’offrir la totale devront s’armer de patience et se livrer à un véritable jeu de piste pour regrouper tous les remixes distillés à travers la toile ou pressés sur de très rares CD promo…

Au menu de The Remix Suite : Skywriter par Stargate, qui reste finalement dans l’esprit de l’original. Pas de quoi s’évanouir au décollage. Les Neptunes font tourner Never Can Say Goodbye autour d’une boucle un brin mélancolique : un peu de sucre pour les « homies », ça fait toujours du bien. Les choses sérieuses commencent avec I Wanna Be Where You Are revu et corrigé par Dallas Austin. L’ex-leader de Highland Place Mobsters lifte ce classique jacksonien en lui insufflant une basse synthétique bondissante par moments et funky à tout instant. Un hymne à la danse où l’insouciance et la verve de Michael restent intactes. Dancing Machine sauce Polow se transforme en bande son de soirée mousse, à Miami ou N.Y., peu importe pourvu que tout le monde danse sous les projecteurs avec les mêmes lunettes de soleil (au détriment du funk rudement efficace de Hal Davis). Salaam Remi s’occupe d’ABC et joue la carte de l’hommage direct au groupe Musical Youth, petits cousins anglais des Jackson 5 au début des années 80. Forever Came Today ne ressort pas forcément grandi du régime que lui réserve Franckie Knuckles. Les arrangements de guitare sont mis en avant pour travailler le groove sur une nouvelle base. Entêtant mais pas enivrant. Fausse fin… Et ça repart avec Michael presque a cappella. Le remix ira jusqu’au bout de ses boom boom sans trop se soucier de la structure de la chanson. Dancing Machine, le retour, avec une version signée Steve Aoki. Plus funky, plus évident, c’est le remix à écouter à la plage. Sur Hum Along & Dance, David Morales se limite à remplacer le beat original par une boucle trop timide et convenue. Les arrangements psychés de l’époque semblent décidément indissociables de ce funk torride. Beny Blanco joue avec les ambiances electro sur Ain’t No Sunshine, à défaut de laisser l’émotion originale de la chanson garder le dessus. Maria (titre sous estimé de l’album Got To Be There), remixé par Emile Haynie, ne trouve pas son second souffle, noyé sous une avalanche de drums plus assommants qu’euphorisants. Maybe Tomorrow made in Sturken & Rogers avance avec délicatesse, tout en douceur, comme dans les meilleures ballades de Janet Jackson. Un son rond, urbain parsemé de quelques notes crunk, le tout enveloppé dans le lyrisme original du titre : une vraie merveille. Final sur Ben adopté par Akon. Une version anecdotique, bercée par un beat bien banal et des arrangements en dessous de la légende de ce classique, le premier numéro 1 de Michael Jackson.

Véritable outsider de la rentrée et produit qui pousse son concept jusqu’au bout (du remix à l’état pur, sans tentative de refourguer de fausses-nouvelles versions façon Stripped Mixes), The Remix Suite s’impose comme l’une des meilleures sorties jacksoniennes de l’année. Un hommage en musique, sans trop de fausses notes, et une nouvelle occasion de vérifier le pouvoir transgénérationnel de la musique de Michael et de ses 5 frères au pays de Motown.

 

Richard Lecocq – 06/11/2009

 

NOTE : 15/20